Forum international sur les hépatites virales au Cameroun 2020

lancement du mois des Hépatites 28/07/2020
juillet 29, 2020
PROJET « COMMUNES SANS HEPATITES » COMPTE RENDU D’AUDIENCE AVEC LE MAIRE DE LA COMMUNE DE YAOUNDE V
novembre 28, 2020

Forum international sur les hépatites virales au Cameroun 2020

Les 7 et 8 septembre 2020, s’est tenu à la place Saint David de Bonanjo Douala,
l’édition 2O2O du forum international des hépatites virales au Cameroun, organisé
par SOS Hépatites Cameroun, sous le Haut Patronage de Monsieur le Ministre de la
santé publique, avec la coordination scientifique de la Société Camerounaise de
Gastro-entérologie.
Le thème choisi cette année par les organisateurs étaient:» la décentralisation de la
prise en charge des hépatites virales: approche santé publique pour vaincre les
hépatites d’ici l’an 2020»

le ministère de la santé publique a été représenté à un niveau très
appréciable. La direction de la lutte contre la maladie et des pandémies a dépêché le
Sous-Directeur de la lutte contre le VIH/SIDA, les Infections Sexuellement
Transmissibles et la Tuberculose au Ministère de la Santé Publique, accompagnée
du Chef de service des Infections Sexuellement transmissible et les Hépatites
Virales. Lesquels ont pris une par active aux travaux.

Pr ANKOUANE Firmin Président de la société Camerounaise de Gastro-entérologie

La société Camerounaise de Gastro-entérologie était représentée par une forte
délégation avec à sa tête, le Pr ANKOUANE Firmin Président de la société savante,
par ailleurs, président du comité Scientifique, et le président d’honneur Pr TZEUTON
Christian, président du forum

président d’honneur Pr TZEUTON
Christian, président du forum

Journée du 7 Septembre 2020

Le Dr BOUBA HAMAN Joëlle, Sous Directeur à la DLMP/MINSANTE a été invitée à
prononcer le mot d’ouverture officielle du forum, en l’absence du délégué Régional
de la santé publique empêché.

Elle a saisi au bond cette occasion pour remercier les organisateurs de ce forum,
pour avoir associé le ministère de la santé au travaux, dont le thème est d’une
importance capitale. Sa présence, permettra de dire quelle est la politique du
gouvernement, quelles sont les actions, les perspectives, les obstacles, pour qu’il y ai
une synergie d’action dans la lutte entre les pouvoirs publics, la société savante et
les associations.
Elle a souhaité que les organisateurs, permettent que sa délégation présente, à
l’intention des participants, le plan national de lutte contre les hépatites récemment
adopté à Yaoundé.
Elle a promis de faire un très bon usage des résolutions des travaux, en les intégrant
dans le plan opérationnel de lutte contre les hépatites, et surtout de les transmettre
à l’attention de la haute hiérarchie.
Après quoi, elle a déclaré ouverts, les travaux du forum international sur les
hépatites virales au Cameroun édition 2020.
Une suspension de la séance a été observée pour permettre une photo de famille de
l’ensemble de personnes présentes, et aux journalistes d’obtenir des interviews des
responsables.
Ceci a marqué la fin des la cérémonie protocolaire d’ouverture du forum et le début
du programme scientifique.


M. TCHOUAMANI Joseph Bertin, président de SOS
Hépatites

Dans son mot de bienvenue, M. TCHOUAMANI Joseph Bertin, président de SOS
Hépatites a tenu à remercier, le Ministère de la santé publique pour son appui
constant aux activités de SOS Hépatites, notamment par la présence d’un
représentant de l’administration lors de chacune de nos activités d’envergure telles
que le premier forum international en 2018, le symposium sur la PTME VHB lors du
mois des hépatites 2019, et une fois encore la présence d’un représentant de haut
niveau lors du forum qui s’ouvre aujourd’hui. Il a ainsi exhorté ces représentants à
relayer auprès de la haute hiérarchie, les résolutions qui découleraient des travaux.
Il a ensuite salué l’appui constant de la société Camerounaise de Gastro-entérologie,
qui n’a jamais cessé d’être le levier scientifique sûr, sur lequel s’appuie l’association
pour le déploiement de ses activités multiples sur le terrain. Sans elle, et le
dynamisme de ses dirigeants aux premiers rang desquels il a cité, le Pr ANKOUANE
Firmin, président de la SCGE et le président d’honneur, le Pr TEZUTON Christian,
président du présent forum, qui n’ont jamais ménagé, ni leur temps, ni leurs efforts
pour conduire leurs troupes, à la réflexion sur la lutte contre les hépatites que nous
organisons.
Aux participants et autres intervenants, il a dit sa joie de les voir nombreux, venus
partager leurs expériences pour les uns, leurs connaissances pour les autres, ou
simplement écouter et contribuer à la lutte contre les hépatites dans leur
environnement professionnel.
Le thème choisi pour les travaux de cette édition est d’une très grande pertinence,
en effet, les gastro-entérologues, spécialises des maladies du foies ne peuvent pas,
seul, permettre d’atteindre l’objectif d’éradication des hépatites d’ici l’an 2030,
comme le souhaite l’objectif ambitieux de l’OMS. Il faut une décentralisation et une
délégation des tâches conséquentes pour élargir la plate-forme des acteurs de la
lutte. C’est ce qui fonde l’espoir que les résolutions pertinentes des travaux de ces
deux jours, pourraient contribuer à inspirer un saut qualitatif et déterminant dans la
lutte contre les hépatites.
Il a conclu en souhaitant un franc succès aux travaux du forum international sur les
hépatites virales édition 2020.

Prenant la parole à la suite du président de SOS Hépatites Cameroun, le Pr. TZEUTON
Christian, président du forum a remercié et félicité la présence des représentants du
ministère de la santé,et en a profité pour exprimer en un clin-d’œil sa déférence à
l’endroit de M. Le Ministre de la santé, pour ses différentes actions en faveur de la
lutte contre les hépatites, notamment le lancement récent, le 28 Août 2020, du plan
stratégique National de lutte contre les hépatites, qui fonde l’espoir que ce nouvel
instrument viendra renforcer les activités déjà menées sur le terrain.
Il a salué les activités de SOS Hépatites Cameroun, et surtout son étroite
collaboration avec la société Camerounaise de Gastro-entérologie pour mener
toutes les actions sur le plan scientifique, notamment lors des rencontres
scientifiques, ou à l’occasion de la journée mondiale contre les hépatites.
Il a relevé l’importance des rencontres comme ce forum, qui se tient en présence des
représentants du ministère de la santé publique, qui, en donnant la position du
gouvernement lors des travaux, devraient relayer les recommandations pour une
mise en œuvre synchronisée et efficiente, dans l’intérêt de la lutte contre les
hépatites.
Il a relevé l’importance et l’impact des hépatites dans le pays, et la nécessité de
poursuivre sans relâche, un combat rendu difficile par de nombreux obstacles. Aussi
a -t-il souhaité, que la réflexion lors des travaux aboutissent à des solutions pouvant
booster la lutte contre les hépatites, par la décentralisation de la prise en charge.

Professeur NOAH NOAH Dominique, Gastro-entérologue, Maître de Conférences
des Universités, Vice-doyen FMSP/UD

CONFÉRENCE INAUGURALE : Les Hépatites virales au Cameroun: États des lieux.
Par Professeur NOAH NOAH Dominique, Gastro-entérologue, Maître de Conférences
des Universités, Vice-doyen FMSP/UD
Modérateur: Pr ANKOUANE Firmin
Pendant près de 45mn, le conférencier a visité, en expert praticien, l’état des lieux
des hépatites virales au Cameroun sous le prisme de 5 différents points à savoir:
1- Épidémiologie
2- Histoire naturelle
3- Situation actuelle
4- Traitement
5- Perspectives
Sur le plan épidémiologique, il a relevé que les hépatites et leurs complications
étaient parmi les 10 premières causes de décès dans le monde et se classent au 7è
rang . Par ailleurs, elles constituent un important problème de santé publique. 1,3
millions de décès dont 47% VHB et 48% VHC; 2,6 millions co infectés VIH/VHB , 2,9
millions co infectés VIH/VHC.
La région africaine est la 2è plus touchée dans le monde avec 6,1% de la population
(60 millions).
Selon une étude réalisée en 2015, la prévalence globale des hépatites au Cameroun
était de 6,5%. Avec les variations ci-après: Donneurs de sang: 2,49%, Population
générale: 6,4%, Personnel de santé: 2,65% , Co infection vhc /vih: 7,13%.
Pour ce qui est de l’hépatite B la prévalence globale était de : 11,2% avec les
distributions ci-après: Population générale; 11,8% , Donneurs de sang: 10,5% ,
Personnel de santé: 9,5%, Femmes enceintes: 9,8%; Co infection VHB VIH: 12,9%;
Il a relevé l’inquiétante incongruité selon laquelle dans le monde: 257 Millions
d’infection d’hépatite chronique, 21,33 Millions sont diagnostiquées, Seuls1,7
Millions, soit 8% des diagnostiqués sont traités..
La stratégie affichée de l’OMS pour vaincre les hépatites est de dépister 90% et
traiter 80% d’ici à l’an 2030.
L’histoire naturelle de l’hépatite virale B indique que l’ apparition de l’AgHBe se fait
jusqu’à 6mois après la contamination. Elle évolue éventuellement vers une hépatite
virale aiguë. Ou alors hépatite inactive pouvant conduire vers une hépatite virale
chronique, qui peut être, soit inactive pendant des années et même jusqu’à 30 ans.
Possible évolution vers une infection occulte, ou alors une activation ou réactivation
et entraîner une maladie hépatique.
L’ Histoire naturelle du virus de l’hépatite C nous apprend que celle-ci peut être une
maladie grave et évoluer très rarement vers une infection aiguë. Elle peut tout aussi
évoluer vers la guérison spontanée dans 25% des cas et la une hépatite chronique
dans 75% des cas. Elle peut rester inactive pendant plus de 30 ans. Dans certain cas,
l’évolution est rapide moins de 20 ans et est favorisée par l’obésité, l’alcool, la
co-infection par le VHB ou le VIH.
Problématique de la PEC des hépatites virales dans notre contexte
Il a révélé que de nombreuses problématiques minent la prise en charge des
hépatites virales dans notre contexte à savoir en autres:
La sexualité précoce, pour la le comportement,
Les à priori concernant les Hépatites virales qui ne se soignent pas à l’hôpital
Le poids des traditions : Scarifications comme source de contamination permanente
Accès aux soins: mauvaise répartition des spécialistes à travers le pays: À titre
d’exemple: i y a une cinquantaine de gastro-entérologue au Cameroun dont 3/4
répartis entre Yaoundé et Douala, 1 à Garoua et 1 à Limbé, 1 à Ebolowa, 1 à
Bafoussam, 1 à Bamenda
Le plateau technique non adapté aux nouvelles normes internationales (la charge
virale se fait à l’étranger, rares tests non invasifs pour le score de fibrose aussi, sauf
quelques initiatives privées…)
Accessibilité au médicaments par la disponibilité pas évidente de ceux-ci (au niveau
de certains hôpitaux seulement), ou les ruptures fréquentes (NUC récemment mis au
niveau de certaines FS)
Les perspectives : – création d’un comité national de lutte contre les hépatites virales,
gratuité des médicaments et examens, décentralisation de la PEC des hépatites.
Après cette conférence inaugurale, une présentation hors programme officiel a été
accordée par le comité d’organisation et le président du comité scientifique, aux
représentants du ministère de la santé publique, à leur demande. C’est ainsi qu’ils
ont entretenu les participants sur les sujets:
ANALYSE SITUATIONNELLE DE LA RÉPONSE FACE AUX HÉPATITES VIRALES AU
CAMEROUN , Et
PLAN STRATÉGIQUE NATIONAL DE LUTTE CONTRE LES HEPATITES VIRALES 2020 –
2024
Pour ce qui est de l’analyse situationnelle de la réponse du gouvernement face aux
hépatites virales, elle a été examinée à travers les points ci-après:
 Épidémiologie des hépatites virales au Cameroun
 Réponse du gouvernement contre les hépatites virales
 Offre en service
 Analyse FFOM
L’analyse épidémiologique révèle quelques spécificités pour le Cameroun, à savoir:
Le taux de prévalence des hépatites B est 3 fois supérieur à celui du VIH
La prévalence de l’hépatite D représente 10% des personnes infectées par le VHB
La coinfection VHB/VIH représente 8, 4% et VHC/VIH 10%.
La répartition géographique de l’infection par les hépatites par région est très
hétérogène avec, pour le virus de l’hépatite B plus de 17% dans les régions du nord
et de l’extrême-nord, 2% pour le littoral et le centre pour le VHC et autour de 50%
pour le VHD dans les régions du sud et de l’est.
Selon les représentants du ministère de la santé publique, les tranches d’âge les plus
affectées par virus sont:
 hépatites virales B: 25-29 ans (12.8%)
 hépatites virales C: 55-59 ans (6,7%)
 hépatites virales D: 50 à 54 ans (17.7%)
 La population des zones rurales plus affectée que celle des zones urbaines
Quelques réponses fortes du gouvernement contre les hépatites virales
APPROCHES ET STRATEGIES
 Décentralisation prise en charge des HV par la création et l’opérationnalisation
des Centres de Traitement Agréés et Centres de Dispensation
 Signature des conventions avec différents Laboratoires Pharmaceutiques pour
réduire les coûts de traitements des hépatites virales
Introduction du Vaccin contre virus hépatite B dans le PEV depuis 2005, Depuis
l’introduction de la vaccination, la prévalence de AgHBS chez les enfants de moins de
5 ans est passée de 11.1% à 6.6% , soit une baisse de 40,5%.
Cartographie de l’offre de service
 Prise en charge des hépatites virales B, C et D chroniques au Cameroun assurée
depuis 2016
 En 2020, 63% des Centres de traitement agréés sont fonctionnels dans 7 régions.
Seules les régions de l’Adamaoua, L’Extrême-Nord et le Sud-Ouest n’ont pas de CTA
fonctionnels.
 la Vaccination contre HVB chez les enfants est assurée par la plupart des
formations sanitaires.
 les Officines et Centre de vaccination disposent du vaccin contre l’hépatite B
ANALYSE FFOM
Quelques FORCES
• Existence des plate-formes pour ELISA et charge virale de VIH qui peuvent être
utilisées pour le dépistage et la charge virale de l’HVC et de l’HVB
Quelques FAIBLESSES
• Absence d’évaluation et de suivi du système de prise en charge
• Formation du personnel insuffisante
Quelles menaces
Rupture de stock des réactifs et des médicaments contre les Hépatites Virales au
niveau des formations sanitaires.
PLAN STRATÉGIQUE NATIONAL DE LUTTE CONTRE LES HEPATITES VIRALES 2020 –
2024
On retiendra que ce PSN couvre la période 2020-2024. Il a été expliqué et commenté
aux participants notamment dans ses axes principaux qui sont:
  Principes directeurs du PSN
  Vue d’ensemble du PSN HV 2020 _ 2024
  Axes d’intervention
  Résultats attendus
  Groupes cibles prioritaires
  Acteurs de la mise en œuvre
Son Cadre stratégique
VISION
• Une génération sans Hépatite Virale B/Delta et l’hépatite C éliminée du Cameroun
à l’horizon 2030
MISSION
Assurer pour les populations cibles : L’accès universel aux services de qualité pour
la prévention, le traitement et le continuum des soins des Hépatites Virales
BUT
• Réduire la morbidité et la mortalité liées aux Hépatites Virales et leurs
complications
Domaines Interventions prioritaires
 Vaccination contre le l’hépatite virale B
Prévention de la transmission mère-Enfant du VHB : Prophylaxie Antiviral chez la
Femme enceinte et Vaccination à la naissance
 Sécurisation des injections et interventions médicales
 Renforcement du système de santé
 Communication pour le changement de comportement
Résultats d’impact attendus
 Diminution d’au moins 60% de la mortalité attribuables aux hépatites chroniques
B, C et D et de l’incidence des hépatites virales A et E d’ici 2024
 Diminution de la prévalence des hépatites B et D respectivement de 8,3% à 5,3 %
et de 10,5 à 6 ,5% d’ici 2024
 Maintien en dessous de 1% de la prévalence de l’infection par le virus de
l’Hépatite C chez les 15 à 49 ans d’ici 2024
Groupes cibles prioritaires du plan stratégique national:
  Enfants
  Adolescents et jeunes
  Femmes enceintes
  Personnel soignant
  Personnes vivants avec le VIH/SIDA
  Populations clés
Les Acteurs de la mise en œuvre du PSN
  Structures gouvernementales
  Sociétés savantes
  Chercheurs
  Société Civile et ONG
  Partenaires techniques et financiers
  Laboratoires
 Quelles sont les prochaines Étapes?
  Élaboration

Professeur Richard NJOUOM, PhD/HDR Chef du Service de Virologie Centre
Pasteur du Cameroun

COMMUNICATIONS SCIENTIFIQUES:
Les outils virologiques de la prise en charge des hépatites virales
Par Professeur Richard NJOUOM, PhD/HDR Chef du Service de Virologie Centre
Pasteur du Cameroun
Au cours de son exposé, il a fait une revue des familles d’hépatites virales à
l’introduction.
Il existe Cinq virus hépatotropes clairement identifiés: Ces sont les virus des
hépatites A, B, C, D , et E.Le virus de l’hépatite D est un viroïde (satellite de l’Hépatite
B).Le Virus de l’hépatite E est présent chez les immunodéprimés en particulier.
Il a précisé les 3 circonstances conduisant à la recherche d’une hépatite virale
1. Existence des signes cliniques évocateurs (ictère, douleur hypocondre droit,
etc …)
2. Critères épidémiologiques (population exposée au risque), en absence de signe
clinique évocateur) en cas de dépistage,
3. Constatation d’une élévation de l’activité sérique des transaminases à l’occasion
d’un bilan biologique.
Il a par la suite parlé des outils virologiques des hépatites virales B/Delta et C
Quels sont-ils ?
Les marqueurs sériques en Virologie
Il existe 2 approches diagnostiques très différentes, mais complémentaires, dans la
démarche diagnostique d’une infection virale : Diagnostic direct visant à identifier, à
partir de produits pathologiques, le virus lui-même et/ou ses constituants (Antigène,
ADN, ARN), et le diagnostic indirect, détectant la production d’anticorps circulants
spécifiques du virus.
Signification des marqueurs sérologiques du VHB
La sérologie est très riche : 3 systèmes en routine
1. HBs : » système « infection clinique » Ag HBs : Marqueur d’infection, anti HBs :
Marqueur de protection
2. HBc : » système « contact » Ag HBc : Jamais détectable dans le sang, présent
seulement dans le foie,
«anti HBc :Marqueur de contact, présent tout au long de l’infection
3. HBe : » système « réplication » utile seulement si Ag HBs +, AgHBe :
Les Marqueurs du diagnostic de l’infection par le VHD
 Diagnostic indirect : Ac anti VHD Totaux; Ac anti VHD IgM +++ leur persistance
signe une infection chronique +++
 NB : peuvent manquer chez certains patients africains
 Diagnostic direct : Ag delta : fugace++; ARN delta
Signification des marqueurs sérologiques du VHC
La sérologie est très pauvre : 2 systèmes en routine: Système « contact »  anti VHC :
Marqueur de contact et le système « infection et réplication »  Ag capside VHC :
Marqueur d’infection et de réplication.
Quatre tableaux d’hépatite chronique B
Porteur Inactif:
AgHBs (+) depuis au moins 6 mois et Ac HBc (+), 2. AgHBe (-) et Ac anti HBe (+); 3.
HBV DNA < 2000 UI/ml, 4. ALAT / ASAT normales; 5. Fibrose : signes modérés < F2
Hépatite Chronique(Occulte)
1. AgHBs (-) > 6 mois et Ac HBc (+); 2. AgHBe (+/-) et Ac anti HBe (+/-); 3. HBV DNA <
2000 UI/ml ; 4. ALAT / ASAT augmentée ou Normale; 5. Fibrose : > F2
Hépatite Chronique(Virus sauvage)
1. AgHBs (+) > 6 mois et Ac HBc (+); 2. AgHBe (+) et Ac anti HBe (-); 3. HBV DNA >
20.000 UI/ml; 4. ALAT / ASAT augmentée ou Normale; 5. Fibrose : > F2
Hépatite Chronique(Mutant pré C-C
AgHBs (+) > 6 mois et Ac HBc (+); 2. AgHBe (-) et Ac anti HBe (+); HBV DNA
2000 – 20.000 UI/ml ; 4. ALAT / ASAT augmentée ou Normale; 5. Anapath : >
F2
Marqueurs virologiques dans la décision de mise sous du traitement antiviral
Décision de traiter une hépatite chronique B repose sur 3 paramètres à savoir:
• Biochimique (ALAT élévées)
• Fibrose (Fibrotest >= 2)
• Moléculaire (Charge virale VHB ou quantité AgHBs)
Charge Virale VHB actuellement recommandée dans la décision de traiter
• HCB à virus sauvage (Ag HBe +) : > 20.000 UI/ml
• HCB à mutant Pré-C ou occulte (Ag HBe – ou Ag HBs -) : > 2.000 UI/ml
Marqueurs virologiques dans le suivi de la réponse et de la résistance au
traitement antiviral
Deux paramètres utilisés: ALAT et quantification ADN VHB tous les 3-6 mois
1. AgHBe + : Diminution significative et durable ou indétectabilité de l’ADN VHB,
Normalisation des ALAT, Séroconversion HBe
2. AgHBe- : Diminution significative et durable de l’ADN VHB, Normalisation des
ALAT,
Séroconversion HBe
3. Résistance : Augmentation sous traitement de l’ADN VHB de + 1 log UI/ml sur
deux échantillons consécutifs prélevés à 1 moins d’intervalle. D’où la réalisation du
génotypage de résistance pour adapter du traitement
Marqueurs virologiques dans le suivi de l’hépatite chronique B non traité
Hépatites Chroniques B inactives ne sont pas traitées et doivent être suivies: . ALAT:
Tous les mois pendant les 3 premiers mois puis ensuite tous les 6-12 mois, Fibrotest :
quand ALAT élevées et Quantification ADN VHB : tous les 6 mois ou chaque année.
Marqueurs virologiques dans l’infection par le VHC ont trois rôles majeurs:
1. Diagnostic de l’infection chronique par le VHC
2. Décision de mise sous traitement antiviral
3. Suivi de la réponse virologique et de la résistance au traitement antiviral
Marqueurs virologiques dans la décision de mise sous traitement antiviral
La décision de traiter une hépatite C chronique repose sur 2 paramètres nécessaires:
Biochimique (ALAT élévées) et Histologique (PBH >= 2)
Cependant le bilan moléculaire du VHC est nécessaire : Faire Charge Virale
Quantification de l’ARN circulant du VHC (CV VHC) afin de: Évaluer les réponses
virologiques au traitement et déterminer le pronostic de réponse au traitement
( mauvaise réponse pour > 800.000 UI/ml)
Marqueurs virologiques dans le suivi de la réponse virologique et de la résistance
au traitement antiviral
Seulement la quantification de l’ARN circulant est utilisée à des périodes bien
précises au cours du traitement:
Traitement avec Interféron Pégylé et Ribavirine
1. S4 (1 mois) : permet de déterminer la « RVR »(Réponse virologique rapide)
2. S12 (3 mois) : permet de déterminer la « EVR » ( réponse virologique initiale)
3. S24 ou S48 (a la fin du traitement) : permet de déterminer la « ETR »(réponse
virologique fin de traitement)
4. S48 ou S72 (6 mois après l’arrêt du traitement) : permet de déterminer la « SVR »
(réponse virologique soutenue)
. Seule la « SVR »( permet de juger de la guérison ou non
Traitement avec Analogue de nucléotides (Sofosbuvir + Ledispavir)
1. S4 (1 mois) : permet de déterminer la « RVR »
2. S12 (3 mois) : permet de déterminer la « ETR »
3. S24 (3 mois après l’arrêt du traitement) : permet de déterminer la « SVR »
SIMPLIFICATION
Seule la « SVR » permet de juger de la guérison ou non
Simplification des tests de dépistage, de diagnostic et de suivi des hépatites virales
1. Utilisation des TDR fiables et accessibles (coût et disponibilité)
pour le dépistage et le diagnostic: Tests du type immuno chromatographique
(Determine , …
2. Utilisation des POC moléculaires fiables et accessibles (coût et disponibilité) pour
le suivi des personnes traitées et non traitées
Tests unitaires (GenXpert, ….
3. Utilisation des prélèvements alternatifs Papiers buvards (DBS, …

Docteur FOTSO Serge Hépato -Gastro-entérologue, membre de la SCGE

Les différentes formes cliniques des hépatites virales
Par Docteur FOTSO Serge Hépato -Gastro-entérologue, membre de la SCGE
Le docteur est allé droit dans son sujet de nombreux points ayant déjà été
développés par ses prédécesseurs. Il a tenu cependant à faire quelques rappels,
notamment en ce qui concerne la NOUVELLE NOMENCLATURE DES PHASES
CHRONIQUES
Phase1 : Anciennement identifiée comme Immunotolérant
Phase 2: Réaction immunitaire, Ag Hbe positif
Phase 3:Porteur inactif
Phase 4:Hépatite chronique Ag Hbe négatif
Phase 5: Ag HBs negatif/ Anti-HBc positif
La clinique est associée à la réaction immunitaire de l’organisme contre le VHB.
I) Hépatite aiguë
Fréquemment asymptomatique (90%)
Si symptomatique : fièvre, asthénie, anorexie ….
II) Hépatite chronique
Elle est définie par la présence dans le sang de l’Ag HBs pendant plus de 6 mois.
Elle représente environ 10% des hépatites B (50% chez les immunodéprimés et 90%
chez les nouveaux-nés)
Elle est généralement peu symptomatique : asthénie …
On peut individualiser 3 formes d’hépatite chronique :
– porteur asymptomatique : transaminases normales, Ag HBe et ADN VHB négatifs
– hépatite chronique : présence d’une réplication virale (ADN VHB positif).
En fonction de l’histologie hépatique, on classe cette hépatite chronique en hépatite
chronique persistante ou hépatite chronique active.
Certaines formes évoluent vers la cirrhose voire le carcinome hépatocellulaire
III) Hépatite fulminante
Environ 0,01% des hépatites B
TP < 30%, signes d’encéphalopathie (troubles de la conscience …), hypoglycémie,
syndrome hémorragique cutanéo-muqueux, CIVD …Environ 80% de décès
Traitement : transplantation hépatique
En ce qui concerne la clinique, l’hépatite virale D ne se développe que chez les
patients également infectés par l’HBV, soit par co-infection, soit par surinfection. La
co-infection est souvent caractérisée par une sévérité accrue de l’hépatite aiguë.
L’évolution est généralement marquée par une résolution de l’hépatite et seuls 5%
des patients coinfectés évoluent vers la chronicité. La surinfection évolue en phase
aiguë vers l’hépatite fulminante dans près de 10% des cas. De plus, elle entraîne
dans 60 à 70% des cas une hépatite chronique active avec évolution rapide vers la
cirrhose.

Docteur TCHOUMI Éric Hépato gastro-entérologue, Membre de la SCGE

Diagnostic et traitements actuels des hépatites virales
par Docteur TCHOUMI Éric Hépato gastro-entérologue, Membre de la SCGE
Diagnostic clinique des hépatites virales:
En ce qui concerne l’Hépatite virale B, 70% asymptomatique et 30% présentent les
signes cliniques d’infection virale.
Les hépatites chroniques sont souvent asymptomatiques, mais peuvent évoluer vers
la cirrhose et le carcinome hépato cellulaire. Attention: il faut rechercher les
manifestions extrahépatiques , notamment rénales.
Pour ce qui est de l’hépatites virales C, 90% sont peu ou asymptomatiques et 10%
vont présenter des ictères, il n’existe pas de forme fulminante.
L’hépatite virale C évolue vers la forme chronique à transaminases normales, ou peu
élevées. Elle peut évoluer vers la cirrhose et le carcinome hépato cellulaire
Hépatites virales D: Il existe des formes modérées, sévères ou fulminantes.
Progresse vers la cirrhose dans 20% des cas
En cas de surinfection: exacerbation d’une hépatite virale B latente ou aggravation
d’une hépatite virale B latente. Evolue vers la cirrhose.
Diagnostic biologique et virologique: A titre de rappel uniquement:
• VHB
– TRODS
– Tests sérologiques : Ag HBs, Ac anti-HBs, , Ac anti-HBc, Ag HBe, Ac anti-HBe.
Détection de l’ADN viral pour évaluer la réplication virale
Diagnostic virologique du VHC
-TRODS
-Tests sérologiques: Ac anti VHC+( patient en contact avec le VHC)
-Recherche de l’ARN du VHC par PCR
Diagnostic virologique du VHD
-Ac anti VHD : à rechercher systématiquement chez tout porteur du VHB
-Co-infection VHB VHD
Ac anti VHD+;Ac anti HBC type IgM+ -Sur-infection VHB VHD
Ac anti VHD+,Ac anti HBC type IgM-
-ARN delta par PCR
NE PAS OUBLIER LE DIAGNOSTIC DES COMPLICATIONS DES HEPATITES VIRALES
TRAITEMENT DES HEPATITES VIRALES
Pour le VHB
– Traitement préventif:
La vaccination à la naissance du bébé née de mère porteuse du VHB
TRAITEMENT HHB
Analogues de nucléosides
Lamivudine, Entécavir, Telbivudine
Analogues de Nucléotides
Adefovir Dipivoxil, Tenofovir Disoproxil Fumarate, Tenofovir Alafenamide
Cytokines
Pegylated Interferon alfa-2a (Pegasy…
TRAITEMENT DU VHD
• PEG-Interferon alpha
•Durée: 48-96 semaines
•Réponse virologique prolongée: 17-47% des cas
TRAITEMENT DU VHC
OBJECTIF: Obtenir une réponse virologique soutenue,
Médiacments Pangenotypiques: -Sofosbuvir 400mg+Velpatasvir 100mg(Epclusa)
1cp/jour pendant 12 semaines
-Sofosbvir 400mg+Velpatasvir 100mg+Voxilaprevir 100mg(Vosevi):1cp/j pendant 12
semaines
-Glecaprevir 100mg+Pibrentasvir 40mg(Maviret):3cp/j pendant 8 semaines non
cirrhotique , 12
semaines cirrhotiques
NE PAS OUBLIER LES CAS PARTICULIERS:
TRAITEMENT DES CAS PARTICULIERS
-VHB +VHC
-VHC-VIH
-VHC +INSUFFISANCE RENALE SEVERE
-VHC +ENFANT
-VHB+FEMME ANCEINTE
Après la pause déjeuner, il s’est est suivi deux tables rondes qui portaient sur
Décentralisation de la prise en charge : qu’est ce qui peut être décentralisé par les
experts en hépatologie? Quelles tâches peuvent -elles être déléguée et
La Décentralisation et délégation des tâches au cours de la PTME

Docteur TCHOUMI Éric Hépato gastro-entérologue, Membre de la SCGE
Mme BENA Irène Sage-femme

La Décentralisation et délégation des tâches au cours de la PTME VHB.
Elle étaient animée par Pr NJOUM
Intervenants: Dr TCHOUMI Eric, Hépatpogastroentérologue, Dr NDENBE PAUL,
Pédiatre, Dr TCHAKOUTHE Collince Gynécologue-obstétricien, Dr NSENGA DJAPA
Guy Roger, Hépato gastroentérologue, Mme BENA Irène Sage-femme
Dans un long plaidoyer, le Pr NJOUOM a développé la notion de décentralisation, et
s’est appesanti, sur la nécessité de commencer par la décentralisation de la
connaissance et la mutualisation des moyens, pour permettre une prise en charge
efficiente à tous les niveau de la pyramide sanitaire. Il a pour cela recommandé que
la formation de tous les acteurs pour une nécessaire mise à niveau soit une priorité.
Qu’il soit élaboré et mis à disposition un guide harmonisé, pour les tâches à
décentraliser et ou déléguées. Surtout que de bons outils simples et homologués
soient utilisés pour le diagnostic des hépatites. Les TROD sont efficaces et devraient
être homologués par le ministère de la santé publique pour plus d’efficacité.
Les gastro-entérologues ont relevés la nécessité de décentraliser une bonne partie
de la prise en charge des hépatites. Notamment en ce qui concerne la sensibilisation
et le dépistage, qui devraient être fait dans toutes les formations sanitaires du pays.
La surveillance, et le suivi thérapeutique peuvent se faire par les médecins
généralistes. Mais attentions, toutes les hépatites ne peuvent pas être pris en charge
en dehors des spécialistes. Il faut tenir compte de la maladie hépatite
concomitamment, des cas de coinfection et de surinfection, qui ne sont pas toujours
faciles en ce qui concerne la prise en charge. Toutefois, il faut qu’il y ait à chaque fois
un spécialiste réfèrent qui travaille en collaboration avec le médecins généraliste,
dans un système de référence et contre référence, et même télémédecine, lorsque
cela est possible.
Les gynécologues, dans le cadre de la PTME VHB, sont déjà dans un système de
décentralisation avancé. Ils travaillent avec les sage-femmes et les infirmiers
accoucheurs, à qui ils délèguent certaines tâches bien importantes, comme la
surveillance des femmes enceintes infectées, et ce jusqu’à l’accouchement. Cette
surveillance commence avec les premières consultations prénatales, au cours
desquelles le test de dépistage est demandé à la femme enceinte, son suivi
particulier dépendra de ses résultats et de l’âge de la grossesse au moment des
résultats positifs. Il est parfois arrivé que le test de dépistage soit réalisé en salle
d’accouchement, pour la rattrapage des femmes qui ont échappés au screening lors
des consultations prénatales. Mise sous traitement par Ténofovir, jusqu’à
l’accouchement, ou surveillance étroite et counseling pré et post- post-partum.
Vaccination du nouveau-né de mère infectée.
Le pédiatre a parlé des attitudes en néonatalogie précoce, et du suivi de l’enfant né
de maman infectée. Selon le cas, une sérothérapie peut être indiquée avec une
vaccination précoce ou l’une des deux interventions uniquement. Pour des raisons
d’efficacité, c’est la vaccination qui a été retenue dans le contexte Camerounais.
L’enfant devrait alors être suivi par le pédiatre pour surveiller l’évolution de sa
sérologie au VHB, et l’administration des autres doses de vaccins pouvant lui garantir
une immunité efficace.
Des points importants et recommandations on été relevés pour être discutés lors de
la séance de restitution.

Docteur KOUINCHE M. Adélaïde, Biologiste
Docteur LEUNDJI Hubert HGE, SCGE

Bilan de la PEC Efficiente des Hépatites virales
Intervenants :
Docteur KOUINCHE M. Adélaïde, Biologiste
Docteur LEUNDJI Hubert HGE, SCGE
Docteur DOMBEU André Imagerie Médicale
Modérateur: Professeur ANKOUANE Firmin, FMSM UY1 Biologiste
Les biologistes sont revenus longuement sur la qualité du test de diagnostic rapide
homologué et recommandé par le ministère de la santé publique, sur l’ensemble du
territoire national, afin de garantir la qualité du dépistage, en évitant les biais dans
les résultats. Il a été révélé que de nombreux tests utilisés sur le terrain ne sont pas
fiables, selon une étude menée au Centre Pasteur du Cameroun. Il faut choisir les
tests de confirmation justes pour éviter de demander un nombre important de tests
non pertinents aux malades. Ceci aurait pour conséquence, la diminution des coûts.
Le bilan pré-thérapeutique minimal est indispensable, il faut au moins évaluer, le
fonctionnement du foie.
Le bilan de suivi permet d’évaluer l’efficacité du traitement. Pour l’hépatite C un
bilan biologique et virologique sont indispensables à la fin du traitement.
Un outil simple et facile d’utilisation permettre à partir de certaines données
biologiques, d’évaluer avec plus ou moins de certitude, l’élasticité du foie. Sinon, la
méthode non invasive, le fibroscan, est aujourd’hui la plus fiable pour déterminer le
stade dévolution de la fibrose hépatique. Elle est comparable à la ponction biopsie
hépatique qui devrait être abandonnée parce que traumatisante.
Le radiologue a indiqué que l’échographie hépatique n’avait que peu d’intérêt dans
le bilan hépatique en cas d’hépatite virale. Elle peut juste mettre en évidence une
hépatomégalie, lorsque celle-ci existe.

mardi 8 Septembre 2020

Pr NOAH NOAH Dominique
Pr NOAH NOAH Dominique

Atelier: Effectivité de la décentralisation : quelles expériences pratiques
Modérateur: Pr NOAH NOAH Dominique
Intervenants: Tous les participants
Après une introduction portant sur les bienfaits attendus de la décentralisation, le
modérateur a évoqué l’état actuel de la prise en charge des hépatites, avec les
carences en spécialistes et la quantité de patients potentiels. Il a encouragé ceux qui
au quotidien, prennent en charge les malades de l’hépatite à partager leurs
expériences.
Les infirmiers, les sage-femmes, les médecins généralistes et les internes en
gastro-entérologie, ont tour à tour pris la parole pour présenter les activités et les
difficultés rencontrées. Il en ressort, que la sensibilisation et le dépistage sont
fréquents et ne posent pas souvent de grands problèmes, en dehors du devenir des
patients dépistés positifs, lorsque ces derniers n’ont pas de moyens pour poursuivre
le suivi.
La disponibilité des traitements a été relevée comme un obstacle majeur pour la
prise en charge, même les centre de traitement agréés sont en rupture de certains
médicaments.
La prise en charge à la naissance des enfants nés de mères infectées a été présentée
comme une difficulté majeure. Il n’ y a pas toujours les vaccins disponibles partout
pour la dose 0 du bébé.
Le programme scientifique de la journée et du forum s’est achevé par une
conférence-débat qu’a donnée le Dr Pascal MELIN, président de la fédération
francophone SOS Hépatite depuis son bureau en France. Découvrez ci-dessous les
messages clés de son intervention :
Information. Le patient demande à être informé sur sa santé. Cette information est
incontournable pour le prendre soin (de soi et de ses proches). Les échanges entre
les patients, les associations de patients, les acteurs de santé et les médecins sont
précieux pour améliorer les soins, mais aussi pour lutter ensemble contre les
hépatites. Il n’y a pas meilleurs ambassadeurs que les malades !
Dépistage. Avec le COVID-19, on a vu qu’il est possible d’organiser le dépistage
collectif quand il y a une urgence. Mais pourquoi a-t-on besoin de la peur pour
penser à la santé de tous ?
Vaccination. Maintenant, tout le monde attend le vaccin contre le COVID-19.
Entre-temps, le vaccin contre l’hépatite B existe depuis 40 ans, mais il y a toujours 1
million de décès par l’an. L’hépatite B tue plus que le sida et le paludisme réunis. Il
faut parler davantage de l’importance de la vaccination qui sauve des vies et veiller à
ce que les mères et leurs nourrissons aient accès aux services vitaux et notamment
aux vaccinations contre l’hépatite, avec la première dose dans les 24 heures suivant
la naissance.
Protection collective. Ta santé c’est ma santé ! Il faut passer ce message de santé
collective. Il faut que chacun soit conscient de l’intérêt individuel et collectif d’être
acteur de sa santé. .
A la suite de cette conférence, s’en est suivi un débat au cours duquel les
participants ont interpellé le Dr Pascal MELIN sur certains points de son intervention.
Nous avons également reçu les interventions écrites ou orales des participants par
visioconférence et relayer les questions préalablement formulées.
Une séance de restitution et d’adoption des résolutions a été organisée par le
comité scientifique. 5 Groupes, chargés de se pencher sur les 5 résolutions à adopter
ont été formées et à l’issue d’une demi-heure de travail, ils ont présenté leurs
résultats à l’assemblée pour amendement et adoption.
C’est ainsi que les résolutions suivantes ont été adoptées:

RESOLUTIONS DU FORUM INTERNATIONAL SUR LES HEPATITES
VIRALES , DU 07 AU 08 SEPTEMBRE 2020, DOUALA-CAMEROUN

Au terme de ce forum sur les hépatites virales dont le thème principal était la
décentralisation de la prise en charge des hépatites virales au Cameroun. Le panel
d’experts réuni à cet effet a adopté les résolutions et recommandations suivantes
basées sur 5 axes ci-après:
AXE STRATEGIQUE 1 : La formation du personnel Médical et paramédical
Il s’agira ici de décentraliser les connaissances sur la prise en charge des hépatites
virales vers les différents acteurs de santé (personnel médical et paramédical) par des
formations continues. Les professionnels de santé pouvant être impliqués sont :
a) Médecins généralistes : ils doivent être capables de traiter les hépatites virales B et
C sans complication ou co-infection
b) Sages-femmes: Elle doivent être capables de dépister, éduquer, diagnostiquer et
planifier le suivi des femmes enceintes porteuses d’une hépatite virale ainsi que
prendre en charge leurs accouchements.
c) Les infirmières: ils doivent être capables de sensibiliser les populations et
d’éduquer les patients porteurs des hépatites virales.
d) Techniciens de laboratoire: Les former sur l’utilisation des tests de diagnostic
rapides, fiables et des points of care.
AXE STRATEGIQUE 2 : Sensibilisation
Il faudra former des personnes qui seront capables d’aller vers les populations et plus
spécifiquement les populations vulnérables aux hépatites virales afin de les
sensibiliser sur les comportements à risques de transmission, les signes évocateurs et
les moyens de prévention.
Ceci pourra se faire dans 02 cadres notamment :
– En intra-hospitalier, elle devra cibler le personnel soignant, les femmes enceintes
en CPN et les étudiants en médecine et sciences paramédicales.
– En extra- hospitalier, elle devra être faite par des personnes proches des
populations notamment, en société par des pères éducateurs et des agents de relais
communautaires locaux ciblant les lieux de réunions, aux moyens des radios, et spots
télévisés, en anglais, français et langues nationales.
Dans les prisons par exemple elle pourra être faite par des anciens détenus ou des
détenus formés.
AXE STRATEGIQUE 3 : Dépistage
Ici 02 questions se posent ;
a. Qui dépister ?
En priorité les populations vulnérables notamment les femmes enceintes, le personnel
soignant, étudiants en médecine et paramédicaux, hémodialysés, les drépanocytaires
etc.
b. Comment dépister ?
– TDR : Il faudra dans un premier temps, recenser les tests les plus performants sur le
territoire camerounais, évaluer leurs sensibilités et spécificités afin d’identifier
les plus performants. Puis, dans un deuxième temps, proposer à la tutelle de les
homologuer avant de les implémenter sur l’ensemble du triangle national.
– Charge virale : Utiliser les points of cares (Genexpert) qui sont déjà disponibles
dans les différentes régions du Cameroun pour rendre accessible la charge virale à
tous les malades.
– Comorbidités : Dépister systématiquement les autres hépatites virales chroniques (le
VHD seulement si Ag HBs +) et le VIH.
– Evaluation de la Fibrose hépatique : Mettre à disposition des hôpitaux publics des
fibroscans fixes dans toutes les régions du Cameroun ainsi que des fibroscans
portables pour les descentes en milieu communautaire.
AXE STRATEGIQUE 4 : Vaccination
La vaccination qui représente l’arme la plus efficace pour l’éradication de l’hépatite
virale B, devra être administrée gratuitement dès la naissance chez les nouveau-nés
idéalement dans les 24 premières heures de vie mais aussi chez toutes les femmes en
âge de procréer à partir de 13 ans.
AXE STRATEGIQUE 5 : Traitement
Rendre les traitements pour les hépatites virales disponibles, abordables et
équitablement distribués sur l’ensemble du territoire national à tous les niveaux de la
pyramide sanitaire.
Ces recommandations ont été reçues par la représentante du Ministère de la santé
publique, qui a promis de transmettre fidèlement et de s’atteler à suivre sa mise en
œuvre éventuellement.
Une cérémonie protocolaire a clôturé l’édition 2020 du forum international sur les
hépatites au Cameroun.
Le président du comité scientifique a remercié les organisateurs, les participants et
les intervenants, pour le sérieux et la qualité des travaux et de l’organisation. Il a une
fois de plus salué la présence et l’implication de Mme le SD/DLM/MINSANTE, lors de
travaux. Il a pris l’engagement de la Société savante qu’il préside sera toujours
disponible pour apporter sa contribution pour les lutte contre les hépatites,
lorsqu’elle est sollicitée, comme ce fut le cas pour se forum organisé par SOS
Hépatites.
Le Professeur, TZEUTON, a remercié, en sa qualité de président du forum, le comité
scientifique, le comité d’organisation, les intervenants et les participants pour le
sérieux du travail abattu. Il a réitéré son soutien aux actions du ministère de la santé
publique en faveur de la lutte conte les hépatites virale. Il a souhaité que des fora de
réflexion comme ceux-ci soient souvent organisés pour faire progresser la science.
Dr BOUBA HAMAN, Sous-Directeur de la lutte contre le VIH/SIDA, les Infections
Sexuellement Transmissibles et la Tuberculose au Ministère de la Santé Publique a
prononcé une brève allocution pour clos les travaux du forum.
Des attestations a été remises aux participants et intervenants.

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